Elvinci & Co, le NUBA et moi

 

 

Il y a quelques temps, Ginette a envoyé la stagiaire à la rencontre d’un trio parisien qui fait de l’électro mais pas que… La rencontre à eu lieu dans un endroit branchouille, très « parisien »: le NUBA. Le groupe y prend régulièrement ses quartiers.

Notre stagiaire, elle, ne connaissait ni les lieux, ni l’ambiance et ne savait même pas si on prononçait « Nu » ou « Nou ». Elle s’y est rendue l’air de rien après une journée de boulot, habillée en survêt avec un vieux bonnet à pompon pour cacher ses cheveux gras et mal peignés. Quand elle arrive au lieu de RDV, elle se rend compte qu’elle est… à la cité de la mode. Elle se dirige vers le vigile qui lui fait comprendre que non, le survêt et le bonnet c’est pas l’idée du siècle. Heureusement elle sort sa carte de visite, elle dit qu’elle vient là pour bosser et la nana qui avait l’air plouc 5 minutes avant a réussi à se faire passer pour une hipster(chipster) assumée que le vigile a appelé « Madame Ginette« . 

Elvinci & Co est composé de trois membres fort sympathiques:  Élie, Léo et Vincent.

Détails de la rencontre ci-dessous.

  Elvinci&co1

 Élie, Léo, Vincent

Ginette : Alors, j’ai pas fait de latin mais j’me doute que « Vinci » c’est pour Vincent… Mais le reste ?

Elvinci & Co : On a eu du mal à trouver un nom, mais El : Elie /Vinci : Vincent /and Co : Léo.

Ginette :  Vous vous connaissez de puis longtemps ?

Elvinci & Co : Élie et Vincent depuis l’école primaire, Vincent et Léo depuis le lycée. On faisait de la musique, un de la batterie, l’autre de la guitare depuis tout petit. Et entre nous les choses se sont faites naturellement, on faisait de la musique ensemble comme un loisir.

Ginette :  À la base qui joue de quoi ?

Elvinci & Co : Léo est à la batterie, moi (Vincent) je fais de la guitare, Élie chante mais il joue aussi de la guitare.

LIVE NUBA ELVINCI

Ginette :  Depuis quand c’est devenu sérieux ? J’ai entendu dire que vous n’aviez pas de mal à trouver des dates.

Elvinci & Co : Ça doit faire trois ans qu’on joue plus sérieusement, qu’on fait des scènes. On a commencé avec des tremplins. On est ensuite partie en saison au ski puis sur la Côte d’Azur pour faire de la musique justement. On a réussi à vivre de ça pendant ce temps-là, et en rentrant à Paris on est parvenus à trouver des dates. On travaille à côté mais on a beaucoup de dates, on a de la chance, les directeurs artistiques nous font confiance. Ici à Nuba on nous aime bien par exemple. Concrètement on doit faire une trentaine de dates par an.

Ginette :  Mais quand on part comme ça, on se prépare comment ?

Elvinci & Co : On a fait ça à l’arrache. On a tous trouvé un boulot mais on s’est tous fait virer à un moment ou à un autre. On a testé notre musique et ça a pris. Du coup on a décidé de faire la saison entière.

Ginette :  Le public qui part en vacances au ski ou sur la Côte, c’est pas un public acquis…

Elvinci & Co : C’est le moins qu’on puisse dire oui! On a joué partout, ça nous a fait la main. On a joué dans des restaurants et dans ces moments on joue soft. Des soirs comme aujourd’hui, on peut y aller à fond. Ça nous apprend à nous adapter au public. Après, on préfère jouer dans des lieux faits pour la fête. Dans les restos on a moins d’énergie, on s’ennuie plus vite. L’énergie n’est pas la même.

Ginette :  J’ai l’impression que ça va assez vite pour vous.

Elvinci & Co : Oui et non. Nous on trouve ça assez long mais mieux vaut être lent et y aller sûrement. Enfin, sûr, on ne peut jamais l’être. Après, on va avouer qu’Internet nous aide beaucoup à nous faire connaître.

Ginette :  Vous avez sorti un EP ?

Elvinci & Co : Pas encore. On n’a pas enregistré d’EP. Déjà ça impliquerait qu’on doive investir et comme on fait tout tout seuls…

Ginette :  Seuls ? Pas de booker ? Pas de label ? Pas de manager ?

Elvinci & Co : Rien de rien. On est artisans sur ce coup-là. C’est nous qui trouvons nos dates. Idem pour nos morceaux : tout est fait chez nous avec notre matériel et sur des domaines aussi larges que le graphisme ou les paroles des chansons. On demande de l’aide à nos proches.

Ginette :  Vous devez malgré tout intéresser les labels non ? J’dis ça parce que justement, des groupes ont des bookers qui ont du mal à trouver des lieux, et vous vous allez vous-mêmes au charbon et paf : 30 dates par an.

Elvinci & Co : Les premiers concerts à un endroit sont toujours les plus importants. On a de la chance, les directeurs artistiques nous font confiance ET nous rappellent. Mais on a un pro avec nous, c’est Élie, il s’y colle et fait ça très bien.

Ginette Mais vous vous sentez prêts pour un EP avec un label ?

Elvinci & Co : Oui on attend que ça, mais c’est compliqué. On a tous un job à côté, faudrait caler du temps en même temps, mais oui un label pour avoir un vrai EP mixé par un pro, bien sûr qu’on aimerait.

Ginette :  Parlez-moi de votre musique.

Elvinci & Co : C’est chill, c’est posé, after work. Sur scène c’est plus funk, plus électro, plus punchy. Pour l’instant on s’adapte aux lieux mais l’idée serait de faire un vrai live qu’on proposerait aux salles. L’électro c’est pas la base, la base c’est l’acoustique. C’est ça qui nous motive le plus. Faire de l’électro c’est plutôt parce que le lieu y est propice mais ne le négligeons pas, pour se faire connaître aussi.

Ginette :  Vous écrivez en anglais ET en français ?

Elvinci & Co : Oui, ça dépend du feeling du moment, de l’inspiration. On part de nos guitares, d’un piano, la musique vient et les paroles, la langue ça vient naturellement, c’est jamais réfléchi. C’est vrai que de faire participer nos amis, nos proches c’est important et ça fait plaisir à tout le monde de participer.

 

Ginette :  Qui écrit ? Qui compose ?

Elvinci & Co : Parfois nous, parfois la maman d’Élie, des amis.

Ginette :  Vous aimez quoi comme musique ? Oui, je sais, la question est bateau mais on est dans une boîte où y’a de la musique en train de passer pendant qu’on discute, alors cette question me vient naturellement.

Élie : C’est plutôt blues, Motown, électro-funk. Dans les récents y’a Quartet mais après j’écoute et j’ai beaucoup écouté les Temptations par exemple.

Léo : Moi j’ai plutôt baigné dans le rock. Après soul, Motown aussi.

Vincent : Ah période vraiment cool. Dès que l’un d’entre nous aime ou découvre un son, une mélodie, il le fait écouter aux autres.

Ginette :  Vos thèmes de prédilection ?

Elvinci & Co : La vie, le temps, l’amour, les femmes, l’amour, les femmes, les femmes, beaucoup les femmes (rires).

Ginette :  Si demain vous avez l’occasion d’aller voir quelqu’un que vous aimez ce sera qui ?

Elvinci & Co : JAMIROQUAI (en chœur).

Léo : Moi Justice.

Ginette :   Si tu me lances sur JUSTICE on n’est pas couché. Je suis une grande fan. Je les suis depuis leur premier titre. Je les poursuis en tournée. Non, ne me lance pas ! Quand ils ont enregistré leur live aux arènes de Nîmes, j’étais au dessus de Kim Chapiron. Ah non faut pas me lancer sur Justice.

Elvinci & Co : Sinon, dans les écoutes récentes : FKJ [French Kiwi Juice ndlr] de chez Roche Musique. C’est funk-électro, ou électro-funk comme tu veux, c’est à écouter, c’est vraiment bien. Après, on peut parler French Touch. Élie a entendu le live de Gesaffelstein, c’était visiblement du bon gros son.

Ginette :  Ah ben comme pour Justice, si tu me lances sur Gesa et les Français de l’électro, je vais vous gonfler. Gesaffelstein c’est Bromance, Bromance c’est le label de Brodinski, c’est du son qui tape, qui me plaît ! Bon, moins que SebastiAn mais ça te file ta claque…

Elvinci & Co : Ah tu kiffes SebastiAn ?

Ginette :  J’ai créé Ginette pour le rencontrer. Le jour où j’ai découvert SebastiAn, j’ai ressenti la même chose que le jour où j’ai lu Last Exit to Brooklyn de Selby Jr. Je me suis liquéfiée. SebastiAn c’est le mec le plus brillant de sa génération. C’est quand même le mec qui dans le peu d’interviews qu’il a accordé a pu parler de Costes, Sade ou Bloy. Je suis admirative de ce type. Mais bon, on n’est pas là pour parler de mes passions à moi !

Elvinci & Co : Après, on insiste mais écoute FKJ, vraiment ! Quartet aussi. C’est pas comme Ed Banger qui a une culture plus hip hop, là c’est vraiment de la funk.

Ginette :  Un sujet qui vous tient à cœur ?

Elvinci & Co : Envie de dire que Paris c’est peut-être pas le meilleur endroit pour la musique. Si on compare à Berlin ou Londres, c’est la galère pour les labels, la galère pour avoir des dates, la galère pour se faire payer, la galère pour tout… Je suis parfois choqué par ce que proposent les organisateurs de soirées aux artistes. La rémunération c’est parfois une belle entourloupe… Déjà c’est à nous à venir avec notre public, mais quand on voit qu’on nous propose des 10% sur les boissons, pas d’accord sur ce genre de méthode. Les artistes devraient avoir des cachets. Point. Berlin et Londres ne proposent pas ça. On a beaucoup hésité à faire des saisons à l’étranger comme à New-York. Il faut trouver un autre moyen de fonctionner que celui de Paris. Ça paraît fou de se dire qu’à Paris t’as des labels qui ne trouvent pas de dates pour leurs artistes, alors que nous, à trois, on trouve 30 dates par an. On aimerait avoir un label, mais on est quand même prudents. On ne comprend pas comment il est possible de ne pas pouvoir caser des artistes.

Ginette :  Autoproduction alors ?

Elvinci & Co : Mouais… On n’est pas faits pour. Tu sais avec Internet, il suffit d’une musique pour décoller, un bon son qui pète, de bons relais et c’est parti.

Ginette  Malgré ça, vous avez deux clips dans votre bagage. Qui les a réalisés ?

 

Elvinci & Co : Toujours pareil : potes, cousin graphiste qui a bossé en stop motion. Il lui a fallu un an à retoucher chaque photo une à une.

Ginette :  Autre chose à ajouter ? Au hasard… Élie ?

Élie : Oui, je ne comprends rien aux femmes…

Ginette Attends gars, tu chantes super bien, t’es dans des lieux branchouilles à souhait, l’ambiance, la musique, l’alcool… Si tu lèves pas t’es un tocard !!

Élie : Ah si je lève. J’ai juste pas trouvé la femme de ma vie.

Ginette :  Si c’est que ça…

Elvinci & Co : Merci Ginette !

Ginette  Merci les gars.

 

 

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Une réflexion au sujet de « Elvinci & Co, le NUBA et moi »

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