Lewis Evans, sa genèse certainement revisitée et moi #1

Lewis Evans est d’après Libé , les Francofolies et Ginette l’artiste qui fera 2015.

Punk avec les Lanskies, il tape dans la folk en solo.

Il sera présent au Pan Piper (Paris 11) le 23 mars 2015.

Le louper serait une monumentale erreur.


 

Le coup de foudre de Ginette pour Lewis Evans s’est produit en octobre. Le 11 octobre 2014. Lewis Evans jouait en première partie d’un groupe rock que Ginette adore: JAMAICA (message pas subliminal du tout: on fait votre interview quand vous le voulez les gars). Et Lewis a enchanté la salle, de par sa présence, ses chansons… Le mec est hyper doué, juste brillant. Oui il brille.

Depuis la Maroquinerie, il s’est passé pas mal de choses pour lui, il nous les raconte dans une interview accordée le 11 mars. L’interview étant assez longue, oui la stagiaire et Lewis ont été de vraies pipelettes, elle sera mise en ligne en deux fois.

La suite très très rapidement.

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Lewis à la Maroquinerie, Paris, octobre 2014

 

Ginette : Liverpool/Caen/Paris ?

Lewis Evans : Très très longue réponse ! Ok, la réelle histoire ? Parce que cette question revient souvent et j’ai tendance à mitonner mais pour Ginette, je vais bien sûr donner la vraie version. Mes parents étaient flics tous les deux et à trente ans ils ont changé leur mode de vie : ils se sont mis au bio, ils sont devenus très bobos alors qu’ils venaient de familles ouvrières. Mon grand-père maternel était un marin-marchand somalien, ma grand-mère est une métisse dont on ne connait pas l’origine et du côté de mon père c’est plutôt infirmière et commissaire de police. Il y avait donc déjà cette confrontation entre la bourgeoisie anglaise et le « common people ». Mes parents se sont rencontrés dans la police. Ma mère était la première femme policière métisse de la police de Merseyside et j’en suis très fier. Elle a rencontré mon père, un rugbyman bon vivant, aimant raconter des blagues. Et cette rencontre les a changés. Quand ils ont eu des enfants ils se sont dit « oh ce serait bien d’acheter pour les enfants une caravane, des poules » mais ça c’était en plein centre de Liverpool et je trouvais ça bizarre.

Ginette :  Tu avais quel âge ?

Lewis Evans : 9 ans. Je vois la transformation. Mon père arrête la police, ma mère aussi. J’comprends pas, j’me dis que c’est prendre des risques. Mon père décide de monter une résidence d’artiste qui s’appelle Brideward Studio’s dans un ancien commissariat de police.

Ginette :  Waouh !

Lewis Evans : Oui imagine le truc ! En l’espace de six mois, tes parents tous deux policiers plaquent tout et monte une résidence d’artistes dans un ancien commissariat. Ils disent FUCK à leur ancien boulot. Mon père se laisse pousser une barbe alors qu’il avait toujours été imberbe contrairement à moi. Là ils sont devenus bobos total… Quand j’avais onze ans, à la fin de l’été, mes parents annoncent qu’on part en France avec la caravane. Moi je dis « oh on part en vacances ? ». Ils me répondent « non non on part ! ». J’ai donc été déscolarisé. Ça duré deux ans. C’était horrible, j’étais en pleine puberté, en pleine cambrousse. Ils ont tourné un petit moment, j’me rappelle plus trop le temps mais à un moment ils en ont eu marre de tourner en caravane, et mon frère et moi on en avait marre de dormir ensemble, vider les fosses septiques. On était en mode manouche. Ils se décident à acheter une maison, en Normandie.

Ginette :  Mais quand vous voyagiez dans la caravane c’était où ?

Lewis Evans : Oh ben partout, on a passé des frontières. On a voyagé pendant environ un an et demi.

Ginette :  Une vraie vie de bohême ?

Lewis Evans : Non, la Bohême c’était ce qu’ils auraient voulu. En réalité c’était des engueulades et tout ce qui va avec. Entre rêver d’une vie de bohême et la réalité, y’a un fossé. Ils ont donc eu besoin qu’on s’installe quelque part. Là il trouve quelque chose à Le Guislain, près de Percy dans la Manche. Je me souviens qu’on arrive devant la maison. C’était magnifique, super beau ! Je me dis « enfin ! génial ! » Là, deux vieux sortent de la maison et montrent du doigt un champ. Avec mon frère, qui lui a trois ans de plus que moi donc pour lui c’est encore pire, on se dit « non ! quoi ? ». On était devenu des petits sauvages. Ouais on aimait traverser les champs mais là on voulait juste une douche. Et là, on voit quatre murs… mais pas de toit.

Ginette :  Mais nooooooooooon !!

Lewis Evans : Une merde de plus je me suis dit. Mon père nous dit qu’il y avait six mois de travaux, ça a duré quatre ans. Pas de chauffage. Les vêtements lavés à la main mais séchés devant le feu donc tu pues le fumé. Imagine que là j’ai l’âge d’être en classe de 4ème, mais je ne parle pas français donc on me fait aller en 6ème, je me retrouve en classe avec des gamins alors que je sens le fumé habillé en DistriCenter avec les dix traits. Là ils m’ont bien fait comprendre qu’on ne s’habillait pas en DistriCenter. Voilà l’arrivée au collège. Puis quand j’étais en classe de seconde, ça se passait plutôt mal pour mes parents, problèmes de thunes entre autre, donc ils décident de retourner à Liverpool. Je me suis fait virer de mon bahut pour des histoires idiotes…

Ginette :  Oh c’est souvent idiot à cet âge-là, t’as fait quoi ?

Lewis Evans : Oh une histoire de cul…

Ginette :  Avec une prof ?

Lewis Evans : Non l’assistante anglaise.

Ginette :  Oh mais c’est rien ça. Au lycée ils veulent tous se taper l’assistante anglaise, toi tu l’as fait ! Enjoy !

Lewis Evans : Oui mais ils m’ont viré !! Bon y’avait aussi du shit et de l’alcool dans mon armoire à l’internat. Faut dire que je faisais comme si je vivais à l’hôtel. Je me retrouve en France, sans parents, sans bahut mais je suis super autonome donc je trouve des solutions. J’ai vu dans un journal une annonce pour entrer aux Beaux-arts. Je n’étais pas sûr que ce soit mon truc mais j’ai tenté. Je ne savais ni dessiner ni peindre. Artistiquement parlant, je n’avais que jouer de la batterie, et en plus mon frère avait fini par la revendre à son pote… Alors bon… Mais j’ai réussi à entrer aux Beaux-arts de Cherbourg, sans diplôme, à 16/17 ans. Surtout que je ne me suis pas levée pour aller aux écrits…

Ginette :  Non, mais t’es sérieux (rires+++).

Lewis Evans : Oui j’me suis pas levé pour les écrits, mais si j’étais allé aux écrits, ils ne m’auraient jamais pris, alors je n’ai fait que l’oral. J’sais pas pourquoi ils m’ont pris, j’ai dû raconter un truc extraordinaire, mais ils m’ont pris ! Là j’arrive à Cherbourg dans mon premier HLM devant la montagne du roule. Là je me suis écrié « Waouhhhhhhhhhh mon appart ! une douche ! du chauffage !! de l’eau chaude !! énorme ! mais j’ai rien à bouffer… » mais la bouffe c’est une autre histoire, carottes râpées pendant des mois…

Ginette :  Tu devais avoir un teint magnifique parce que les carottes, ça rend beau ! Tu crevais la dalle mais tu devais être beau!

Lewis Evans : Mais bien entendu ! Là j’ai donc décidé de faire la manche pour vivre, parce que c’était dur et qu’avec mes parents le climat était froid, on était en rupture. Je me suis mis devant Carrefour, et je vais voir si ça marche. C’était mes premières chansons, avec deux accords car je ne savais pas jouer de la guitare, guitare que j’ai volé à mon frère parce qu’il avait vendu ma batterie. L’envie de faire de la musique a commencé. Au lycée j’avais déjà monté un groupe au lycée mais dans le but de draguer les filles.

Ginette :  Ce qui a fonctionné puisque on t’a viré pour des histoires de cul ahaha ! En même temps, ça devait même être trop simple : le beau gosse anglais avec un accent à couper au couteau, qui vit sans ses darons et qui chante en plus de ça… Forcément que ça plaît aux filles !!

Lewis Evans : Ahahah. Je vivais donc à Cherbourg, j’étais aux Beaux-arts mais je retournais voir mes amis à Saint-Lô pour faire la fête. Et un jour dans une boîte de nuit qui s’appelle La Cave, le guitariste des Lanskies (Flo) qui vient me voir et me dit « écoute, on sait que tu chantes en anglais, on voulait ton frère au début », oui alors mon frère jouait aussi dans un groupe, mais il est reparti en Angleterre et il me dit « bon alors ça te tente ? ». Là je dis oui, je fais nuit blanche devant Le Normandy. Le matin à 10h j’ai dit « vas-y on y va ! » et j’ai composé l’album en une journée. J’avais tellement envie de donner, puis je sentais que c’était ma chance et je l’ai saisie. Les Lanskies m’ont adopté. Faut pas oublié que j’ai 18 ans, que je suis seul. Flo m’a pris sous son aile, il me filait de l’argent, il était mon garant, il me nourrissait.

Ginette :  C’est une belle rencontre !

Lewis Evans : Oui ! C’est d’ailleurs pour ça que j’ai émigré à Caen. J’y ai d’ailleurs rencontré ma copine, qui est toujours la même aujourd’hui. Au bout de cinq années j’étais un peu devenu le roi, quand j’achetais du pain on me disait « c’est toi Lewis ? » et je répondais  » arrêtez, j’achète du pain ».

Ginette :  Kim Kardashian, sors de ce corps !!!

Lewis Evans : J’avoue, je fais exprès…

Ginette :  Oh mais ne t’en fais pas pour moi, je ne tombe pas dans le panneau, je me contente d’admirer l’artiste ahahaha.

Lewis Evans : Avec les Lanskies on a sorti deux albums, et l’année dernière j’ai eu l’envie de passer à un autre type de musique. J’y pensais déjà pendant l’album Hot Wave J’aimais ce que je faisais avec les Lanskies, mais j’ai toujours fait un peu de folk, de musique des 70’s comme Jim Croce ou Leonard Cohen 60’s. J’avais envie de montrer une autre façade de moi parce que j’avais l’impression que ne pas faire cette musique c’était comme me mentir à moi-même. J’ai annoncé aux Lanskies qu’après la promo et la tournée, j’aurai besoin de temps pour moi ; parce que ça fait quand même dix ans qu’on est ensemble, qu’on tourne, fait de la musique, qu’on dort dans les mêmes chambres. Ce qui est bien avec les Lanskies c’est qu’on ne se dispute jamais, et pourtant je ronfle et les empêche de dormir. J’ai donc pris ce temps dont j’avais besoin. L’année dernière j’ai enregistré environ 130 chansons. J’ai pris Nathan Bellanger l’ancien bassiste de Granville mais j’ai aussi composé avec Augustin Hauville, l’ancien bassiste des Lanskies que j’avais viré mais comme je m’en voulais, j’étais obligé de le reprendre !

Ginette :  Oh le mec !!

Lewis Evans : Oui, je m’en voulais, je culpabilisais, alors je lui ai dit de revenir.

Ginette :  Non mais j’y crois pas, t’es une « petite chose fragile ». Tu lirais de la presse féminine que ça ne m’étonnerait pas toi !! Moi je déteste ça mais…

Lewis Evans : Et voilà, ça c’est histoire jusqu’à mon arrivée à Paris, où nous nous rencontrons toi et moi ! J’avais besoin de voir autre chose, d’être dans une grande ville. Bon, je suis basé à Marly-Le-Roi (78).

Ginette :  Mieux vaut ça que Marly Gomont ! (ndlr : Oui la stagiaire aime les blagues pas drôles…)

Lewis Evans : Oui, Marly-Le-Roi c’est très joli. Je suis passé de l’HLM à Cherbourg au Rooftop à Marly. Enfin, merci ma nana. Donc j’suis à Paris, j’suis content. Depuis que j’y suis j’ai réussi à me faire pas mal de contacts. Aujourd’hui j’ai deux formations. J’ai un backing band avec guitariste, synthé, bassiste, batteur, choriste et moi et je me produis aussi tout seul à la guitare. Ah oui en fait j’ai aussi les duos qui vont arriver…

Et là, un moment de grâce se produit… Lewis fait écouter à la stagiaire en exclusivité un essai d’un duo avec un chanteur français qu’elle admire depuis longtemps, un chanteur français avec un joli petit accent du sud, un chanteur français qui a connu au moins deux groupes avant de se lancer seul… Elle ne peut guère en dire plus, elle devait d’ailleurs garder le secret…

 

Lewis: Je continue ?

Ginette :  Mais ouiiiiii, ne t’arrête jamais !

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