Natural Born Writer – Hugo Drillski #2/2

 Partie 1

Suite et fin de la rencontre Ginette/Drillski. On aurait aimé que ça dure une éternité…

Ginette : On évoque la genèse du roman ?

Hugo Drillski : Oui. Elle se fonde sur trois points : j’ai réellement été rédacteur porno, comme le narrateur. J’ai fait ça quelques temps. Je devais mater 10 pornos par jour ce qui était assez insupportable, je pétais un câble. Je bandais 24h/24, ma meuf n’en pouvait plus, c’était affreux et quand tu vois plusieurs heures par jour des images porno, après t’as une pensée qui finit par dévier, tu imagines les meufs que tu croises et tu te demandes si elles auraient fait ceci ou cela, c’est pas génial. J’ai ensuite choisi de surfer sur la vague du Mommy Porn mais vu d’un autre prisme. C’est souvent la pauvre fille naïve qui rencontre le super mec qui va l’initier. J’ai fait ma version masculine. Et enfin, il y a une histoire porno avec une nana, bien évidemment dans le roman c’est une version extrapolée. Après, ce qui est intéressant pour moi, c’est de parler de la société à travers le prisme de la sexualité qui est quand même à la base de la vie.

Ginette : Tu comptes aller voir LOVE, le dernier film de Gaspar Noé ?

Hugo Drillski : Mais carrément. Plus tôt dans l’interview je te parlais du film A Serbian Film qui m’avait influencé, mais Gaspar Noé aussi. J’adorerais le rencontrer, lui soumettre mon bouquin.

Ginette : Seul Contre Tous, Irréversible

Hugo Drillski : Irréversible, Enter The Void c’est typiquement le genre de films que j’achète en DVD. Il faut que je les aie. Irréversible, pour le moment pour moi c’est son meilleur. Et puis ce casting : Cassel, Dupontel, Bellucci… Cette histoire de vengeance… D’en parler ça me donne envie de le revoir.

Ginette : Ton écriture est très visuelle. Elle se prête à l’écriture filmique. Et toi qui es multi-support (dans ta façon d’écrire et dans l’expression aussi, tu fais aussi de la musique), t’écris aussi des scenarii ? C’est un truc vers lequel tu veux aller ?

Hugo Drillski : Je ne me vois pas faire des scénarios parce que c’est de la description pure. Il n’y a pas de place pour la fantaisie, le style et la personnalité que j’exprime à travers mes romans. Par contre, j’aimerai vraiment voir un jour une adaptation de mes romans. En revanche, je ne m’y risquerai pas moi-même. C’est facile d’écrire un roman. T’as toi, ta plume et ta feuille. Pour tourner un film, faut des gens, des plannings, du matos… et ça c’est une putain de galère qui ne m’intéresse pas du tout.

Ginette : On a beaucoup parlé monde de l’image, et pour cause, le livre traite de ce thème mais pas des livres qui t’ont marqué. Donne m’en trois.

Hugo Drillski : Mes trois romans cultes sont Extension du domaine de la lutte pour le nihilisme torve, American psycho pour la folie furieuse et Pimp mémoires d’un maquereau pour la poésie crasseuse.

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Ginette : Au tout début de la Partie 1, la stagiaire parle de sa BO du roman. En réalité, la seule qui nous intéresse c’est la tienne. Tu peux me proposer une play-list ?

Hugo Drillski : Avec plaisir.

Young Thug / Danny Glover — Le Pornographe / Georges Brassens — Valley / Chief Keef — Or Nah / Ty Dolla Sign — Paranoid / Ty Dolla Sign — Molly Cyrus / Stitches — Freak No More / Migos — Running for the Devil / Gil Scott Heron — Barre Baby / Big Moe — Me and my Drank / Lil Wayne — Rédemption / Sobre — Choix / Experty — Sip sur ta Cyp / Experty — Secret Sucré / Doc Gynéco —  Ma Salope à Moi / Doc Gynéco

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Ginette : Toi-même tu fais de la zic…

Hugo Drillski: 

Trop de Bitches dans la Street / Yugo — Pimps / Les Gens Rap

 Yugo

Ginette : Tu as créé un groupe Facebook qui s’appelle La littérature pue encore. J’ai bien saisi qu’il y avait un rapport avec le groupe de Léonel Houssam (ex Andy Vérol), La Littérature Tue encore.

Hugo Drillski : Il a sabordé son groupe La littérature tue encore. J’avais lu son livre en support numérique, Les Derniers Cowboys que j’avais trouvé pas mal, et il a aussi été édité dans Le Cafard Hérétique alors j’ai un peu regardé son travail mais ouais, que dire de plus sur le personnage ? Il a sabordé son groupe qui comptait environ 7 000 personnes.

Ginette : En même temps, les gens qui y écrivaient proposaient de la merde en barre… Ton titre c’est un hommage ou une petite allusion moqueuse ?

Hugo Drillski : J’avais écrit un texte contre lui que j’avais posté dans son groupe justement, en octobre dernier. C’est un texte que tu peux toujours trouver sur son blog. Il avait l’air d’avoir kiffé la démarche. Sur ce coup-là je l’avais trouvé bon joueur. Après…

Ginette : Ouais, j’avoue je ne sais qu’en penser. Entre complexe de supériorité et « je me crée ma page Wikipedia » (ndlr: Wikipedia a dégagé sa page). Bref. Rien à dire. J’imagine qu’il ne fait pas partie de ton groupe.

Hugo Drillski : C’est surtout une affaire classée mais tu sais les histoires Facebook…

Ginette : Je sais bien, Facebook ce n’est pas la vie.

Ginette : Monsieur l’écrivain s’est mis à Instagram. L’idée c’est quoi ? Partager tes dernières lectures ou ce qui te marque ?

Hugo Drillski : Y’a de tout ça. Dernières lectures, lectures marquantes, promotions. Par exemple j’ai mis le bouquin de Johann Zarca, j’ai mis le mien. C’est ça l’idée en gros. Instagram ça reste de la photo, je n’y mettrai sûrement pas de chroniques, ça a son côté pratique, ça peut servir de « conseil lecture ».

Ginette : Ah mais pour le conseil lecture clairement. Tu sais, pour être répertorié dans les banques d’images Instagram, tu dois entrer des mots clefs avec « # » et il y a des mots-clefs pour els livres justement, et les aficionados de cette appli n’hésitent pas à aller voir les bouquins en tapant des #InstaBook ou #JustFinish par exemple. On a vraiment un autre rapport aux gens sur Instagram, on peut y avoir une communauté fidèle qui suit ce que l’on fait. C’est loin d’être inintéressant quand on dépasse l’aspect « promotion selfie ». Puis on peut aussi désormais intégrer de courtes vidéos, j’aime beaucoup ce support, bien plus que Twitter par exemple.

Hugo Drillski : Oui j’ai conscience de l’importance de ces choses bien que j’ai une relation conflictuelle aux réseaux sociaux. Rien que Facebook, j’ai mis longtemps à m’y mettre. Quant à Twitter, j’y suis mais j’accroche pas, c’est la dictature de la punchline, t’as 140 caractères mais si tu postes un lien ça te bouffe tout… Après, l’avantage de Twitter c’est quand même le côté vie privé. On ne peut pas scruter ta vie.

Ginette : Y’a un site qui s’appelle  Quand le Tigre Lit  et Le Tigre m’a demandé de te poser une question. Il demande si tu as d’autres projets ou si tu as tout lâcher dans Fourreurs Nés.

Hugo Drillski : Alors, comme évoqué précédemment, il y aura une suite puisque Fourreurs Nés est le premier tome d’une trilogie. Ensuite, tu pourras dire au Tigre que non seulement j’ai un paquet de projets dans les cartons mais surtout, je ne suis pas près de m’arrêter, à moins qu’on m’ampute des mains ou qu’il m’arrive un truc pas cool.

Ginette : Au passage, puisqu’on parle du Tigre, dans sa chronique il fait un lien entre ton pseudo Drillski en notant que « Drill » signifie perforer, ça va bien avec les Fourreurs… J’étais un peu jalouse parce que moi je me suis dit « c’est marrant, le mec se shoote aux pastilles pour la gorge –ça ne doit pas être un courageux – tout en lisant Bukowski ». Son hypothèse est bien plus convaincante que la mienne, je dois l’avouer.

Hugo Drillski : Si tu veux, ce blaze peut signifier plein de trucs. Le choix de « DRILL » vient d’un courant du hip hop qui vient de Chicago, qui est très violent, basé sur l’agressivité et la violence verbale. A la base c’était ce choix-là. Le « SKI », je n’ai pas envie de dire qu’il s’agit d’un hommage parce que je ne suis pas un fan absolu de Bukowski ou de Dostoïevski mais en même temps c’était drôle. Après, toutes les hypothèses sont bonnes à prendre. Et puis, la littérature qui perfore c’est pas mal.

Ginette : Puisque l’on parle blogosphère, on a déjà évoqué Contenu Explicite, Cohues et Le Cafard, je sais que tu as d’autres contributions, peux-tu en parler ? Pourquoi ces choix ?

Hugo Drillski : Bien sûr. On a parlé du Cafard, Mike m’a édité mais je ne rentre pas vraiment dans la ligne du Cafard, il n’y a qu’à lire mes dernières nouvelles dans le numéro 6.

Ginette : Justement, je les ai lues, et c’est aussi pour ça que je voudrais que tu me parles du reste. Qui est Jean-Chibre ?

Hugo Drillski : Tu connais le forum 18/25 de jeuxvideos.com ?

Ginette : Non.

Hugo Drillski : Ce forum c’est une petite communauté et Jean-Chibre un personnage que j’ai inventé. Au départ j’ai fait ça pour me marrer. J’ai utilisé les codes de cette communauté. Le forumeur type c’est le puceau tardif personnage, frustré de tout un peu asocial. Et Jean-Chibre c’est un personnage comme ça. Jean-Chibre c’est l’envers d’Harold ou du narrateur dans Fourreurs Nés. J’en fais de petites histoires. Ce sont des nouvelles de 10 à 15 pages. Dans le premier opus tu as le nouvel an de Jean-Chibre. Comme il n’a pas d’amis, son seul projet c’est celui que sa mère lui propose : aller chez son cousin. Il y va mais il est forcément en décalage avec tout le monde. C’est un peu houellebecquien comme personnage mais en version jeunot. Houellebecq c’est le blues que quadra lambda, ben là c’est sa version avec 20 ans de moins, un mec complètement dépassé socialement, sexuellement. Je suis sur le 3ème opus en ce moment, je le mettrai en ligne dans un mois. Dans quelques années, quand tous les épisodes seront finis, je le sortirai en autoédition très certainement.

Ginette : Tes autres contributions, quelles sont-elles ?

Hugo Drillski : Sale Temps pour les Ours, Squeeze, La Revue qui te parle

Ginette : Pourquoi ?

Hugo Drillski : Pour une question de visibilité, et dans le cas de La Revue qui te parle, c’est le concept novateur qui m’a séduit. La plupart de ces revues/blogs sont tenues de manière bénévole, sont gratuit(e)s donc qu’il faut en profiter parce que c’est uniquement des projets de passionnés avec une totale liberté d expression et que c’est là que se trouve les vrais auteurs d aujourd’hui et de demain

Ginette : T’as quoi d’autre sous la main ?

Hugo Drillski : Je vais tenter l’autoédition avec un recueil de nouvelles d’anticipation et de SF, ça s’appellera EXTRATERRIEN.

Ginette: On a hâte !

Hugo Drillski légendé

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