Projet « ADELLA »

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Récemment on nous a contacté à la rédac pour nous présenter Adella. Adella a la musique dans la peau. De formation classique, elle commence la musique à l’école maternelle, le violon! Elle en joue toujours d’ailleurs, elle fait partie d’un orchestre. A côté de ça, elle a un parcours un peu punk, un peu rock, un peu pop, un peu électro. 

Adella est ce qu’on aime ici chez Ginette, pas enfermée dans un parcours, dans une stéréotypie.

On a envoyé la stagiaire pour un entretien, boulevard Montmartre, à la terrasse d’un café, avant qu’Adella ne rejoigne sa régie au théâtre. 

 

RENCONTRE

Adella Press 2015

Ginette : Salut Adella ! Et bien justement, commençons par ton nom ! Sur les réseaux sociaux on te trouve sous le nom « Adella Rock Star » et sur les trois titres que j’ai trouvé, ça ne m’a pas semblé très évident. Est-ce que c’est « rock » ce que tu proposes ?

Adella : Le souci avec les réseaux sociaux c’est qu’avec mon nom seul, je suis introuvable. Il fallait faire efficace. « Adella » n’est pas un projet rock. D’ailleurs, ça fait parfois marrer les gens, on m’a déjà dit « ça fait un peu tu te la pètes ‘Rock Star’ » mais non, c’est que tout était pris, et qu’il fallait quelque chose qui se retienne facilement aussi. Après, ce n’est pas éloigné de moi, on m’a souvent appelé ainsi parce que dans la vie je suis comme ça, « rock n’roll ». Le projet n’est pas vraiment rock, un peu peut-être dans les textes mais pas plus.

Ginette : Après je te dis ça, mais sur les trois morceaux, C’était l’Heure est super punchy.

Adella : C’est le premier titre en effet. C’était électrique. Plus j’ai avancé dans le projet, plus j’ai trouvé que la guitare électrique avait un côté un peu passé. J’avais envie d’une couleur sonore moderne et très identitaire. Je me suis plus orientée vers un côté POP, un peu d’électro aussi mais également du classique car à la base je suis violoniste. Je suis allée vers quelque chose donc de pop, classique, avec des cordes, des arrangements et plus du tout de guitare.

Ginette : Violon/Pop/Electro, à la Vanessa Mae ?

ADELLA ©P. Girod QU6B9179NB

Adella : Je n’en suis pas là. Le violon, j’aime ses sonorités telles qu’elles sont. J’aurais pu le tenter. On m’a prêté un violon électrique avec des pédales, pour moi ce n’est pas utile. Je préfère mettre un effet sur ma guitare folk ou électrique plutôt que sur le violon car, justement, pour moi le violon est là pour apporter cet effet classique.

Ginette : Puisque l’on parle violon, à quel âge as-tu commencé la musique.

Adella : Le violon, vers 4 ans.

Ginette : Ah oui !?

Adella : Oui oui. En revanche, le côté solitaire, je n’aimais pas trop. J’ai très vite intégré un orchestre et en classique j’ai fait surtout de l’orchestre. Je suis toujours dans un orchestre au demeurant. Il s’appelle L’Académie de Musique de Paris et j’y joue toujours.

Ginette : Je crois savoir que tu es passée par le Punk également.

Adella : A l’adolescence. Même au sortir de l’adolescence, j’étais en BTS. J’en ai eu marre du classique, je me suis mise à la basse. Avec des potes on a monté un groupe garage, on répétait dans une cave, pendant environ deux ans. On jouait un peu dans les cafés, pour les potes. C’était vraiment pour s’amuser, ce n’était pas dans le but de se professionnaliser.

Ginette : Le projet « Adella » date de quand ?

Adella : Deux ans. Avant « Adella » je faisais parti d’un duo « Peace of Junk ». On a bossé trois ans sur ce duo, on a sorti un album en digital que j’ai produit et réalisé à la maison (ndlr : Adella est ingénieur du son), on a fait beaucoup de dates à Paris, un peu en Province également. Au bout d’un moment l’entente n’était plus là, les relations étaient compliquées. J’ai mis fin au duo. Pendant un an j’ai complètement arrêté de chanter. J’ai commencé à travailler dans les régies en théâtre et un jour j’ai sympathisé avec une comédienne qui s’appelle Katia Doris, je faisais ses régies. Et un jour je lui ai fait écouter mes chansons, une reprise des Doors également, ce que j’ai fait avec Peace Of Junk… Elle m’a dit que j’avais une voix magnifique et qu’il fallait que je m’y remette. Elle m’a présenté une auteure pour qu’elle m’écrive des textes. Elle m’a poussé. Au passage c’est elle qui a réalisé le clip « C’était l’Heure ». Le texte est de Cathy Steinberg, cette fameuse auteure qu’elle m’a présentée. C’est comme ça que le projet est né. C’est vraiment grâce à elle qui m’a poussé. J’ai fait ce titre, je l’ai envoyé à la radio Le Mouv, pendant trois mois ils l’ont passé. Forcément, quand ils m’ont dit oui tout de suite, je me suis dit qu’il fallait me lancer, qu’il y avait un « truc » à exploiter, que je devais continuer.

Ginette : Tu as réalisé un EP ?

Adella : J’ai 20 titres de réalisés.

Ginette : C’est plus un EP c’est un double album…

Adella : Oui ! Comme on produit nous-mêmes, on a décidé d’un EP concept : 1 titre/1 clip par mois et quand on en a 6, on regroupe sur un EP (ça tombera en mars). On va sortir « Vent d’Autan » le 11/12. J’aime bien l’idée, ça permet d’avoir de l’actualité, on crée un RDV. Sortir directement l’album sous prétexte qu’il est créé, c’est dommage.

Ginette : Tu veux de la vie autour. C’est tout à fait compréhensible. Tu es musicienne, tu composes, tu es ingénieure du son. J’imagine que tu fais tous tes arrangements. Côté visuel, les clips, t’es dessus aussi ?

Adella : C’est plus compliqué. Comme je te disais, « Dis, tu voudrais pas qu’on s’aime » c’est Katia Doris, puis une autre amie Claire-Marie Bronx J’en ai réalisé un moi-même avec un iphone. Et pour le reste on cherche des réalisateurs.

Ginette : Je fais passer le message ! Donc : 6 titres/6 clips !

Adella : Oui ! après on a une autre idée d’EP mais je ne peux pas en parler pour le moment. C’est un autre concept.

Ginette : Il émane de tes morceaux une certaine mélancolie.

Adella : Je dirai plutôt nostalgie. Je suis très rêveuse, très sensible aux histoires des personnes, que ce soit d’un point de vue intime ou amical et il est vrai que chaque chanson parle d’une histoire réellement vécue, je pense que ce que tu ressens vient de là. Je ne romance pas forcément mais j’essaie d’apporter une ouverture pour ne pas que ce soit une mélancolie qui s’enferme.

Ginette : Je parle de mélancolie mais il ne faut pas le comprendre dans le sens « ça sent la dépression, elle en fait des caisses ! ». Surtout pas ! C’est touchant. Ta voix englobe tout ça. Je me suis demandé à un moment si tu étais introvertie ou hyper pudique ou juste ta façon de chanter ?

Adella : C’est ma façon de chanter. Introvertie ? Non. Par contre je suis très pudique, et comme en plus je ne suis pas une chanteuse à voix, ça amplifie ce que tu perçois je pense.  

Ginette : Donc pudique ! Être pudique et chanter en français – sous-entendu sans possibilité de se cacher derrière la langue – c’est un challenge non ? Je ne dis pas qu’en anglais on se planque, mais en français y’a pas de filtre…

Adella : De ça je m’en suis rendu compte en live. Quand tu t’aperçois que tu es face à des gens et que tu racontes des choses très intimes, personnelles, tu te demandes « est-ce que j’assume réellement tout ça ? ». La réponse est OUI mais le live m’a fait me rendre compte que je parlais de choses vraiment très personnelles ; mais en effet je me suis fait la réflexion en live. Quand tu es en famille, à un dîner et qu’on te demande de chanter, et bien dans ta tête tu te dis « Merde, je vais éviter ce titre car tout le monde va savoir que je suis sortie avec ce mec ou je ne sais quoi ! ».

Ginette : Tu participes aussi à l’écriture des textes.

Adella : Et oui !

Ginette : Adella c’est un projet solo ?

Adella : Oui.

Ginette : Tu fais le grand écart entre l’orchestre où vous êtes 60/70 et le projet « Adella ».

Adella : Passer de l’un à l’autre me fait beaucoup de bien. Être seule à la base ce n’est pas évident. Je ne voulais absolument pas faire un projet seule, je trouvais ça fou, effrayant. Quand je vois les humoristes en One Man Show sur scène pendant deux heures, je me dis qu’ils sont fous ! Déjà il m’avait fallu du temps à monter le projet, à vouloir refaire de la musique et au début je ne voulais même pas faire de concert. J’ai dû voir une coach pendant quelques séances qui a pu me débloquer parce que je trouvais ça vraiment compliqué. J’étais tétanisée.

Ginette : Tu es ingénieure du son, tu bosses donc au service des projets des autres. Quand travailles pour toi, parviens-tu à prendre la distance nécessaire ?

Adella : C’est difficile. On a fait des tests en studio, finalement on a préféré els versions travaillées chez moi car on n’a pas su recréer une ambiance, une magie. Il faut vraiment se faire violence, c’est dur, mais il faut se forcer à pousser la production de son. En ce moment je fais le son d’un gars de The Voice – Elliott et sur ses sons à lui je suis à fond et je me dis : « pourquoi sur les miens je ne travaille pas comme ça ? ». C’est violent.

Ginette : Je trouve ça normal. Dans ton projet, tu y mets de ta personne, tes envies, ton intimité, tu t’offres, tu te mets à nu. Pour lui tu fais ton job, ça implique tes qualités professionnelles mais pas ta chair et ton sang. La distance est naturelle. Toi avec toi, c’est forcément plus compliqué.

Adella : Oui et être deux c’est différent, on s’apporte, on suit des directions où bien on en propose. L’échange existe. Seule, j’ai pas de retour. C’est pour ça que la question de chercher un réalisateur se pose sauf que j’ai testé, ça n’a jamais vraiment été. Parfois je me demande si ça tient uniquement d’un manque de confiance en soi, si j’en ai vraiment besoin. Je m’interroge beaucoup sur le thème. Après mon exigence est très forte. Si je pouvais, j’irais voir les Anglais, le réalisateur de Lana del Rey, tout ce petit monde, mais je rêve un peu. 

Ginette: Lana del Rey c’est ce que tu écoutes? Quoi d’autre?

Adella: Pas grand chose. J’ai beaucoup écouté de choses, maintenant plus trop. Lana del Rey j’adore! Par contre je vais à des concerts, je vais voir beaucoup d’artistes. Découvrir des artistes, des talents, ça je le fais.

Ginette: Tu me permettras de conclure sur ça: allez aux concerts !

Adella en tournée!

09/12 – L’International – Paris
10, 11, 12/12 – Jack Daniel’s Honey Tour – (Toulouse)
17, 18/12 – Jack Daniel’s Honey Tour – (Metz)
14/01/16 – Le Café de la Presse – Paris

ADELLA ©P.Girod QU6B9154

 

Cover Girl, ou pas? #CélineTolosa

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Photo © Ella Hermë

Il y a quelques semaines de cela, on envoyait notre stagiaire dans le 19ème pour s’entretenir avec une jeune parisienne qui  écrit, compose et interprète ses textes. On était intrigué à la rédac par ses clips un peu loufoques, par son style « rétro-néo-quelque chose », et par cet évident amour qu’elle a pour le cinéma.

La stagiaire, en plus de se faire offrir deux cafés sous le soleil de Paname par Céline Tolosa,  nous a rapporté une petite interview dont elle a le secret.

RENCONTRE Ginette x Céline Tolosa

Ginette : J’ai très envie qu’on parle de ta pochette, elle est sublime !!! Qui est le responsable ?

EP Céline TOLOSA

Céline Tolosa : C’est un graphiste qui s’appelle Mathieu Persan que j’ai rencontré par le biais de mon manager. J’avais vu pas mal de ses illustrations dans un magazine qui s’appelle GONZAI. Oliver mon manager m’a dit de regarder de près ce qu’il faisait, il trouvait ça très très beau. Et en effet, ce mélange à la fois très rétro et très moderne avec un style que l’on reconnait tout de suite. Je me souviens d’un travail qu’il avait fait sur MAD MEN avec des teintes et un style très particulier. Un côté vintage assumé que l’on pouvait un peu assimiler aux publicitaires des 60’s, l’époque où les affiches étaient si travaillées qu’on se moquait presque du produit vendu, l’affiche en elle-même se suffisait presque. Je suis tombée amoureuse du travail de cet artiste. Il avait fait la pochette d’un artiste qui s’appelle REZA. On s’est contacté, je lui ai présenté mon projet, mes chansons. On a discuté une heure devant un café et le soir-même j’avais l’ébauche de ce que tu as devant les yeux.

Ginette : J’ai vu que tu étais passée par le crowfunding pour réaliser l’EP.

Céline Tolosa : Par Microcultures. C’est une petite structure indépendante, spécialisée dans la musique. Ils sont venus vers moi. Je les avais rencontrés par le biais d’une session acoustique où l’on avait fait une captation vidéo. On pensait à un EP mais la question du financement se pose forcément. On a lancé une campagne sur 6 semaines. C’était rapide, je n’avais pas envie de démarcher, passer du temps à chercher des labels, des maisons de disque qui ne font d’ailleurs pas de développement de projet. Et j’ai un petit public qui me suit, et j’aimais l’idée de faire participer les gens sans avoir l’impression de racketter mais plutôt dans l’idée « Devenez mon producteur ! ».

Ginette : T’as une solide formation artistique d’après ce que j’ai pu lire ici et là.

Céline Tolosa : J’étais au conservatoire quand j’étais enfant. J’ai fait beaucoup de musique. J’allais à l’école le matin et au conservatoire l’après-midi, c’était super. J’étais dans un chœur d’enfants un peu professionnel. On chantait au Châtelet, à l’Opéra Bastille. C’est quand même génial. Cependant, j’avais dans l’idée d’être comédienne. J’aime le théâtre, le cinéma, j’ai des parents dans le milieu artistique aussi. J’avais cette envie de jouer la comédie : j’ai pris des cours de comédie tout en continuant le chant jazz avec Christiane Legrand.

Ginette : Un lien avec Michel Legrand ?

Céline Tolosa : C’est sa sœur. Elle était membre des Swingle Sisters ou des Double Six. Elle a doublé beaucoup de films de Jacques Demy. Donc je disais, j’ai fait du chant, de la comédie, j’ai commencé à tourner mais je n’étais pas vraiment heureuse.

Ginette : Pourquoi ?

Céline Tolosa : Je ne sais pas. Attendre près du téléphone, courir les castings… Je n’avais pas envie de ça, ça ne correspondait pas à ce que je voulais. Trop d’attente. Puis tu te retrouves à jouer pour la énième fois la baby-sitter dans une série de merde pour TF1 : je n’avais pas choisi les cours de théâtre pour ça. Je tournais peu et j’avais du mal à me dire que j’étais comédienne en ayant trois jours de tournage par là, deux par ici. Des comédiennes de moins de 20 ans il n’y en a pas beaucoup mais quand tu passes la barre il y en a tout de suite plus. Et je ne trouvais pas ma place, mais ça te fait comprendre si oui ou non tu es fait pour ça. Au final, ce n’est pas parce qu’on est fan de théâtre et de cinéma qu’on est fait pour en vivre. Assez naturellement je me suis détournée de ça, je suis revenue aux premières amours, à savoir la musique. J’ai fait de très belles et bonnes rencontres, très très importantes. Les choses se sont passées bien mieux, comme si il y avait quelque chose de l’ordre de l’évidence. Moins de souffrance, les choses étaient bien plus simples, j’avais envie d’écrire j’écrivais, j’avais envie de composer je composais. J’avais besoin de personne. Il y avait de la joie, du bonheur dans cette liberté de pouvoir créer ses choses que je ne vivais pas comme comédienne. Par contre, je ne ferme pas la porte à ce monde-là.

Ginette : Sur ta chaîne Youtube on voit des extraits de courts-métrages.

Céline Tolosa : Ils ont été un plaisir à tourner, mais je n’ai pas cette énergie pour ça. Je n’irai pas lutter contrairement à la musique.

Ginette : On peut dire que tu es auteure/compositeur(e ?)/interprète ?

Céline Tolosa : Auteure/Compositeur(e ?)/Interprète. A haute-voix ça fait très classe (rires). Je travaille en binôme avec Dino Trifunović qui signe avec moi toutes les chansons. Un vrai travail d’équipe. C’est une rencontre vraiment importante. Il m’a aidé à prendre confiance, à me révéler. C’est une des première personne à avoir lue mes texte, écoutée mes ébauches de chansons. Il a son groupe qui s’appelle Van Gogh Superstar.

Ginette : Rien que le nom je le trouve terrible !

Céline Tolosa : Mais il l’est ! On a les mêmes influences musicales, ça aurait été bête de ne pas les mettre en commun.

Ginette : C’est une rencontre-tournant ?

Céline Tolosa : Totalement. Il est l’élément déclencheur. Il a réalisé le disque, c’est un formidable directeur artistique.  On s’apporte beaucoup, je peux écrire pour lui, il y a énormément d’échanges. Le projet s’appelle CELINE TOLOSA mais il est avec moi, m’accompagne sur scène, s’occupe des arrangements, a mis beaucoup d’ordre dans mes chansons qui étaient bien brouillonnes au début. C’est mon binôme.

Ginette : Tu es rapidement montée sur scène je crois.

Céline Tolosa : Oui, dès qu’on a eu quelques chansons. L’idée était de jouer tout de suite pour trouver un public, trouver des gens, se confronter à la réalité du terrain, tester les chansons sur scène, parce que c’est bien joli de sortir un disque mais encore faut-il montrer tout ça. N’oublions pas que de nos jours les disques ne se vendent pas très bien, on ne sait pas comment ça fonctionne, quoi faire : digital ? pas digital ? vinyle ? En revanche, les gens vont aux concerts, donc faut aller jouer.

Ginette : J’ai écouté très attentivement tes titres, et pour moi, l’évidence c’était : c’est le disque d’une nana qui aime le cinéma. C’est tellement évident, ça coule de source. J’avais l’impression d’être avec Tati/Demy/Legrand. J’étais avec Monsieur Hulot, avec Les Demoiselles de Rochefort. J’étais quelque part entre la nouvelle vague et malgré tout 2015, parce que bien qu’on soit dans de esthétique vintage, c’est pas de la musique des années 60 que tu fais. C’est du « néo » quelque chose. Il y a un esprit, une culture pop sixties mais à la sauce 2015, ça n’en fait pas un pastiche de nostalgique, c’est plus une culture qui a été assimilée, si bien assimilée qu’elle peut s’entendre, se deviner, sans être un élément central. C’est plus de l’emprunt, de l’allusion que de la citation.

Céline Tolosa : Si tu as ressenti et compris ça, je ne peux que m’en réjouir car c’est ça. Tout ce dont une parle fait partie de mes références, mes influences tout en ayant une production hyper moderne, dans l’air du temps. Je ne voulais surtout pas que ce soit du rétro sentant la naphtaline. Sur le cinéma dont tu parles, je suis une amoureuse des films. Je peux regarder des films au kilomètre. Il y a tout un cinéma qui est très important pour moi : ça s’entend, ça se voit. La Nouvelle Vague bien sûr, mais pas que, tout un cinéma d’avant guerre aussi. J’aime Arletty, ce cinéma français. Le cinéma m’inspire. Dans le fait d’écrire des chansons c’est bien sûr le fait de raconter des histoires que j’envisage presque comme des courts-métrages.

Ginette : Tu as une écriture très visuelle. J’avais l’impression d’écouter avec les yeux.

Céline Tolosa : Je suis très contente que tu l’aies ressenti comme cela. Par ailleurs, comme j’écris en français, il y a ce quelque chose d’immédiat.  Pour moi c’est important que les gens comprennent l’histoire que je raconte. En anglais, si tu n’es pas complètement bilingue tu reçois une énergie, une atmosphère. En français, tu entends le récit de l’histoire, et pour moi la voix doit être mise en avant, pas se noyer dans un flot de musique.

Ginette : J’ai aussi trouvé intéressant le décalage entre la musique et les paroles. Je m’explique : il y a des textes un peu triste, mais la musique donne quand même envie de se dandiner. Il y a une légèreté dans la musique qui pondère/équilibre le texte. Quand je dis légère je ne dis pas surfaite, superficielle. Je n’utilise pas « légèreté » au sens péjoratif. Et le texte lui, n’a rien de léger, tu racontes, y’a un propos. C’est très faussement ingénu.

Céline Tolosa : Parce que sous mes airs candides je ne suis pas ingénue ! Et ce que tu dis, c’est ce qui me ressemble. J’aime les choses douces-amères. Dans la vie y’a rarement du noir et blanc, il n’y a presque que des demi-teintes. Et tu peux dire des choses très graves sur un ton léger et inversement.

Ginette : Une chanson que j’ai trouvée sur Youtube : Bahia ! C’est celle que j’ai le plus écouté. Et elle a tout ce dont je te parle.

Céline Tolosa : C’est une petite bossa nova qui justement, est un style musical qui définit tout ce qu’on dit là. C’est triste mais également doux et lumineux. Elle sera sans doute sur un prochain disque, j’espère qu’elle sera gravée. Je l’aime beaucoup, je l’ai écrite en pensant à une copine à moi. C’est l’histoire d’une copine à moi en fait, je lui ai piqué son truc ! Et c’est devenu Bahia.

Ginette : Qui réalise tes clips ? Il y en a trois : Tu es Fantastique, Cover Girl et Rue Mansart.

Céline Tolosa : J’en voudrai un 4ème pour boucler la boucle. Mais j’fonctionne pas dans l’ordre : faudrait faire un clip pour annoncer un morceau, moi j’ai sorti l’EP y’a quelques mois et je voudrais encore sortir un clip… C’est bordélique !

Ginette : Mais non, le bordel n’existe pas. Il ne faut pas prendre les choses indépendamment les unes des autres, il faut prendre ça de loin, avec un spectre large, et tu verras on en dira que c’était hyper conceptuel ! Alors, qui réalise ?

Céline Tolosa : J’ai eu deux réalisateurs. Rue Mansart c’est un ami, Maxime Jouan. Il est réalisateur, a fait beaucoup de reportage, travaille avec TV5. Il fait peu de fictions mais a réalisé deux courts-métrages. Je lui ai demandé de me faire un clip, il a réalisé Rue Mansart. J’ai la chance d’avoir autour de moi des gens pourvus de talents différents et je peux les solliciter à l’envie. Mon cousin a réalisé Tu es Fantastique et Cover Girl. Il bosse dans la pub. Il a eu envie de réaliser, moi j’aime bien les clips « faits à la maison ».

Ginette :Tu es fantastique est formidable !

Céline Tolosa : Mais oui : fond vert, one shot, danse n’importe comment, on verra près ! Après, y’a plusieurs choix : relancer un crowfunding pour avoir un budget et un super clip bien léché. J’adorerais avoir 20 000 euros pour faire ça ! Mais faire les choses à sa manière, avec les moyens du bord, n’enlève en rien à la créativité. Je suis aussi très contente de Cover Girl. On a bien bossé, bien rigolé. C’est beau, honnête, appliqué, tendre. Et même sans moyens énormes, on montre nos talents, nos énergies, nos volontés. Il ne faut surtout pas avoir honte de ne pas avoir de moyens !

Ginette : Tu évoques Cover Girl, vas-y raconte l’histoire !

Céline Tolosa : Cover Girl ? L’idée m’est venue en feuilletant des magazines à la con que tu ne feuillettes que dans les salles d’attente ou dans le train. Puis je vois ces filles passer, et je me suis mise à rêver en me demandant qui elles étaient. J’avais envie de créer et raconter ce personnage plus compliqué qu’il n’y parait puisque oui on se dit qu’elle est sur papier glacé, ça vend du rêve sur l’instant mais qui est-elle ? Je trouvais qu’elle avait quelque chose d’attachant la Cover Girl, et d’un peu triste aussi, mais drôle. Dino a fait la musique, j’ai écrit les paroles. La chute est triste, à la fin y’en a une mieux, plus mince, plus jeune, plus jolie et BAM changement de cover girl.

Ginette : Parle-moi de « Fais-moi souffrir », parce que celle-ci n’a pas (encore) de clip, on peut l’acheter sur les plateformes mais de quoi parle-t-elle ?

Céline Tolosa : Elle est très sixties, un peu triste. C’est une chanson sur la passion amoureuse et le fait de s’aliéner à quelqu’un par amour et d’aimer ça.

Ginette : On parle beaucoup des 60’s non ?

Céline Tolosa : Oui parce que j’ai des influences, je pense à Françoise Hardy mais on est en 2015 et bien que j’aime ce parfum suranné, il faut vivre dans son époque avec les moyens d’aujourd’hui ! Des personnes m’ont dit que lorsque l’on voit la pochette on se dit que l’on ne s’attend qu’aux 60’s premier degré à fond les ballons mais non non, pas du tout. Il y a un parfum sixties, un parfum que j’aime, mais ce n’est pas un EP sixties. C’est hyper moderne comme production. C’est plus des sixties fantasmés, passés au mixer du monde moderne. C’est comme les revivals synthé des 80’s. J’ai même entendu du revival Gatsby Le Magnifique teinté d’électro ou de pop. En même temps on entend souvent qu’il faudrait inventer un nouveau style de musique, mais on a le droit de piocher dans ce qui existe, de l’assimiler, se l’approprier. Après tout, pour Les Fleurs du Mal, le dédicataire c’est pour Théophile Gautier. Baudelaire s’en remet à son maître. Il y a forcément eu un « père ».

Ginette : La génération spontanée n’existe pas.

Céline Tolosa : J’ai du mal à le croire en effet. C’est parfois important pour les gens de savoir d’où cela naît, d’où ton processus de création prend racine. En tout cas dans un premier temps.

Ginette : Merci beaucoup !

Céline Tolosa : Merci Ginette !

°° Le Monde de #Fafi °°

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Si cette semaine The Place To Be est à Toulouse au WOPS! Festival créé par la talentueuse Fafi, c’est en juin, alors qu’elle posait ses Fafinettes sur les murs du Quai 36 – Gare du Nord que la stagiaire est allée à sa rencontre.

fafinette

La graffiti-artist avait annoncé sa présence à l’événement sur les réseaux sociaux. La stagiaire avait alors pris l’initiative de se pointer au quai 36 assez tôt ce vendredi-là. Alors qu’elle ne pensait faire qu’un reportage photo, elle a engagé la conversation avec Fafi qui lui a filé rencart quelques heures plus tard. Ensemble, elles sont parties casser la croûte non pas au restaurant « Miss Banh-Mi » qu’elle a ouvert avec une de ses amies mais au McDo face à la gare parce que c’était moins loin, tout simplement.

On a discuté Quai 36, WOPS! Festival mais aussi marché de l’art !

RENCONTRE

Ginette : Ça me fait super plaisir que tu aies accepté une interview comme ça à l’improviste, après une journée à graffer Gare du Nord – Quai 36 -.

Fafi : Gros kiff Ginette, gros kiff !

Ginette : Peux-tu me dire ce que tu fais en ce moment Quai 36 ?

Fafi : C’est un projet d’embellissement de la gare initié par un collectif, une asso qui s’appelle QUAI 36. Ca fait un moment que l’équipe bosse dessus. Ils m’avaient contacté il y a un an et demi et ça y est on est passé à la pratique.

Ginette : Le laps de temps est énorme…

Fafi : Travailler avec des institutions prend toujours beaucoup de temps. Entre l’idée et la réalisation, il y a tout un process qui prend du temps. Quand on a conscience de ça, on ne s’étonne pas qu’il ait fallu 1 an et demi voire 2 ans pour que ça se réalise.

Ginette : Ils t’ont contacté comment ?

Fafi : Je connaissais Marianne, la DA (ndlr : directrice artistique), c’est ma cousine. Cela dit, sans ça j’aurai sûrement été contactée quand même.

Ginette : Tes Fafinettes sont à l’heure qu’il est toutes belles sur ce fameux Quai 36.

Fafi : Oui, ça c’est un premier boulot. Il y a aussi le projet d’un mur floral mais ce n’est pas encore accepté, donc à voir. Là aussi c’est souvent compliqué quand on travaille sur des lieux publics. Du tissu sera utilisé, c’est potentiellement inflammable donc on attend qu’on nous réponde. (ndlr : hélas, la création du mur n’a pas eu lieu comme espéré)

Ginette : Tu parles du même style d’installation qu’il y avait eu à l’expo ?

Fafi : Oui, comme à l’expo, comme à Hawaï aussi. Art Basel c’est mon nouveau délire, mon nouveau dada. C’est super cool mais très laborieux, il faut une équipe. Seule ce n’est pas possible, je n’ai pas de patience, ça me fait péter un plomb. Il faut qu’on soit plusieurs pour que ça aille vite mais aussi pour qu’il y ait une ambiance sympa. Si ça dure plus de deux jours tu perds les gens, c’est très répétitif comme exercice.

Ginette : Hawaï c’est une nouvelle destination.

Fafi : Ce serait pas mal n’est-ce pas ? Non c’était ponctuel. C’était pour POW ! WOW ! festival de street art organisé par Jasper Wong et son équipe. Ils vont ouvrir à Long Beach et à Taïwan. C’est une chouette équipe. On s’y retrouve entre graffeurs, ils font des ateliers musique pour les kids. Je ne connaissais pas Hawaï, j’y suis allée avec mon fils, il me regardait bosser.

Ginette : A Hawaï !

Fafi : Ça va, c’était pas trop dur.

Ginette : En même temps, le travail paye ! Ça fait un petit moment que tu fais ton bonhomme de chemin !

Fafi : Ouais, 20 ans !

Ginette : Ne dis pas ça je vais me sentir obligée de calculer mon âge… Si je soustrais 20 à… Ouais ça fait un moment que tu roules ta bosse !

Fafi : Je fais 40 ans cette année en même temps…

Ginette : Justement, il y a 20 ans le street art, c’était comment ?

Fafi : C’était pas à la mode comme aujourd’hui. Très peu en vivait. C’était encore un peu underground, moi j’aimais les trucs interdits. Un mélange d’art et d’interdit, pour moi c’était « the perfect match ».

Ginette : Rien que ces dernières semaines, les événements ou hommage street art tu en as eu à la Pinacothèque : y’a une expo sur le pressionnisme. A l’Institut du Monde Arabe il y a eu une expo qui s’appelait « Street Art : du Bronx aux rues arabes », à Montmartre un hommage à Dali, les cultures urbaines en général, le street art en particulier sont passés de l’état d’underground/ « sous-cultures » pour certains/ « contre-cultures » pour d’autres à de la « pop » culture, au sens « mainstream », non ?

Fafi : Oui, mais ce n’est ni étonnant ni anormal. A un moment donné tu as quelque chose de nouveau qui « provoque » la société, au fil du temps cette même société assimile cette culture. Regarde le tatouage. Il n’y a plus rien de provoquant ou de provocateur quand tu te tatoues aujourd’hui. C’est presque devenu original de ne pas en vouloir. Tout se digère. Les marques de luxe aussi ont fait appel aux graffeurs. C’est une mode.

Ginette : C’est donc une bonne nouvelle pour toi ?

Fafi : Pas forcément. Tu sens l’évolution quand tu entends des gamins dirent « je veux être street artiste pour gagner ma vie ! ». Quand j’ai commencé il y a 20 ans, ce n’était pas du tout l’idée, l’optique était différente : de l’art en bravant les interdits.

Ginette : De toute façon il y a 20 ans en vivre ce n’était pas possible.

Fafi : Clairement pas. Aujourd’hui oui. Là où ça devient ennuyeux, c’est quand en vivre devient une fin en soit. Communiquer, transmettre c’est important. N’espérer que de gros projets avec les marques non. Aujourd’hui, quand je m’associe à une marque c’est pour pouvoir continuer à faire de l’art qui ne me fait pas ou peu gagner ma vie, comme la bande-dessinée par exemple. Pour moi, travailler avec une marque ce n’est certainement pas une consécration, c’est vraiment parce que je veux voir vivre mes autres projets.

Ginette : Il y a une question qui se pose beaucoup dans le monde de l’art urbain. Cette question concerne les ventes aux enchères en particulier. Du Street Art en salle des ventes, cela a-t-il un sens ?

Fafi : Tout se vend. Tu auras toujours quelqu’un pour acheter.

Ginette : Il existe des cotations ?

Fafi : Bien sûr, depuis longtemps. JonOne par exemple et depuis longtemps. C’est pas le seul. Après, si on parle légitimité de vendre des œuvres street en salle des ventes sachant que ces œuvres n’ont appartenu à personne. Réellement ce sont de « fausses » œuvres. On demande à l’artiste des œuvres en faisant passer l’œuvre comme ayant appartenue à quelqu’un d’autre – c’est super relou comme affaire moi j’participe pas aux enchères, on m’a demandé, ça ne m’a pas intéressé -. Concrètement, je préfère vendre via ma galerie à un passionné ou quelqu’un qui a eu un coup de cœur qu’à quelqu’un qui n’a de but que la plus-value et qui va miser sur toi comme sur un poulain.

Ginette : On cause du festival ?

Fafi : 40 ans, marre de ne penser qu’à ma gueule et de ne faire des projets que pour moi, envie de faire quelque chose, de transmettre quelque chose, de laisser mon égoïsme de côté. Et l’idée de ce festival est apparue. J’ai participé à pas mal de festivals : Coachella, Art Basel etc. et je n’en ai pas trouvé qui mêlaient tout ce que j’aime : autant dans la musique, l’art, les rencontres avec les artistes, des chasses à l’œuvre dans la ville. J’ai donc créé le festival WOPS ! On est une petite équipe, on a attaqué les démarches il y a un an et demi, cherché des financements. On est ravi. C’est une très belle aventure humaine, vraiment c’est génial à faire, génial à vivre.

Ginette : Et puis Toulouse c’est la maison…

Fafi : C’est LA MAISON, chez mes parents, Michel et Anne-Marie!

Alors tu l’auras compris, si tu es à Toulouse, tu sais où aller !!

WOPS! Photo téléchargée sur la page facebook du WOPS! Walk On The Pink Side! Festival

* Abou de flish * #GillesBotineau

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Tu vas dire que j’évoque souvent ma pote Pam mais il se trouve que nos chemins se croisent souvent. Elle fait partie de ces gens qui adorent organiser des soirées et j’fais partie de ces gens qui ne demandent pas leur reste quand on leur en propose une. Je participe à l’un d’entre elles il y a presque un an, une sorte de brunch de Noël où les règles étaient simples: boire et manger jusqu’à l’épuisement… Alors forcément, dans ces ambiances-là y’a un peu tout le monde qui parle à tout le monde d’à peu près tout et n’importe quoi. Et, à un moment très précis, j’entends un gars demander à un autre: « Alors ce bouquin, il sort quand? ». Je m’incruste: « Ah ouais t’as écrit un bouquin? Quel genre raconte! ». Le gars me répond: « Tu connais Aldo Maccione? ». D’un coup je sens que dans ma tête ça fait des chocapics et là, le surmoi faiblissant au fur et à mesure que le taux d’alcool montait dans le sang, je me mets à chanter et à danser (dans ma tête, car je ne danse que dans ma tête):

Puis j’lui dis que d’un coup y’a une vague de nostalgie qui s’empare de moi, parce que oui, c’est facile et réducteur d’associer Aldo – A L D O – Maccione à une pub pour Carambar alors que le mec a quand même jouer pour Claude Lelouch et quelques autres. Aldo c’est l’acteur populaire au propre comme au figuré, au point où son prénom est entré dans le langage courant: « Faire son Aldo ».

Le livre que nous propose Gilles Botineau et qui est paru au mois de juin est une lettre ouverte à l’acteur. Il présente sa biographie mais surtout toute l’admiration et la passion qu’il ressent pour lui. Opération réhabilitation?

Aldo Maccione la classe! de Gilles Botineau, préface de Claude Lelouch, aux éditions Christian Navarro.

Aldo Maccione la classe! de Gilles Botineau, préface de Claude Lelouch, aux éditions Christian Navarro.

Rencontre

°°° Gilles Botineau, journaliste, auteur, réalisateur °°°

Gilles Botineau, journaliste, auteur

Ginette : Salut Gilles. Tu viens d’écrire un livre sur un acteur que tu chéris, Aldo Maccione. Quel est ton métier ?

Gilles Botineau : Le métier qui me fait vivre c’est journaliste. Après, je me définis plutôt comme scénariste et réalisateur, un peu producteur car je développe mes propres projets. J’ai des passions qui m’animent mais ne me font pas vivre. A côté de ça y’a le journaliste, qui m’intéresse vraiment et qui me permet d’avoir un salaire. Je précise quand même qu’il s’agit de journalisme ciné et culturel donc ça ne m’éloigne pas du tout du monde qui me passionne, au contraire. C’est un apport, un complément qui me permet de rencontrer du monde, créer des réseaux et élargir ma culture. Ca nourrit mon écriture, mes projets.

Ginette : Peux-tu me décrire ton parcours ?

Gilles Botineau : Assez classique. J’ai un bac littéraire – j’ai toujours eu un goût pour l’écriture – et j’ai enchaîné avec un DEUG D’Arts du Spectacle à Angoulême, histoire d’avoir un apport théorique, c’était vraiment dans le but d’acquérir une culture car le DEUG même à l’époque où il existait ne servait pas à grand-chose.

Ginette : Ayant moi-même poursuivi des études d’arts du spectacle je ne te dirai certainement pas le contraire. Cela dit, ça m’a permis de poser des bases théoriques et de m’intéresser à d’autres arts.

Gilles Botineau : Clairement, ça a cette fonction.

Ginette : Tu t’es arrêté là ?

Gilles Botineau : Non, j’ai ensuite été pris dans une école de cinéma 3IS. Le DEUG m’a permis de bien réfléchir à ce que je voulais faire. On sait que les écoles de cinéma coûtent très cher, alors on essaie de ne pas se tromper. C’était une école en trois ans, on avait de la pratique, ça changeait de la fac, on se confrontait à des réalités. C’était bien mais surtout la dernière année était consacrée aux projets et concrètement, ça permettait de poser quelque chose sur le CV. On devait faire une fiction en pellicule et un documentaire en numérique. Je ne regrette pas ce choix.

Ginette : Comme un book pour un photographe ?

Gilles Botineau : Exactement.

Ginette :Tu étais déjà attiré par le documentaire ?

Gilles Botineau : Pas du tout. Je ne pensais même pas en faire à la base. Je suis très intéressé par des tas de sujets, la politique, l’écologie mais je ne me voyais pas travailler ce format-là. Pour le projet d’école je n’avais pas le choix et finalement c’était bien car ça m’ouvrait à autre chose. J’avais choisi de travailler sur un docu-fiction : c’est passé. Le sujet était dans la présentation des rapports amoureux hommes/femmes depuis la préhistoire, c’était très ambitieux. J’ai fait ça en 2006 ça commence à être vieux. Après, ce qui m’a réellement amené vers le documentaire c’est le journalisme. Au bout de quelques temps, tu te rends compte que tu interviewes toujours les mêmes, tu tournes en rond ! En trois ans j’ai interviewé trois fois Franck Dubosc, il a beau être très sympa il n’empêche que tu tournes en rond. A côté de ça, il y avait un tas d’artistes que j’adorais et qu’on mettait de côté, et bien l’évidence m’a conduit à aller du côté du documentaire. Je précise quand même qu’en sortant de l’école je suis allé vers la production, puis la régie. J’ai rencontré Patrick Timsit avec qui j’ai sympathisé, et comme j’étais régisseur il y avait une proximité de fait. Il m’explique qu’il cherche un nouvel assistant pour son nouveau spectacle, je l’ai suivi un an en tournée. En parallèle je continuais à écrire, faire des courts-métrages. J’ai ensuite eu l’occasion de devenir chroniqueur sur un site qui s’appelait DVDrama qui était une institution à l’époque. Il leur fallait quelqu’un spécialisé dans le ciné français car ils étaient quand même plus portés sur le cinéma étranger (américain, asiatique). J’y suis resté presque huit ans. Le site est devenu Excessif.com qui a été racheté par TF1 et j’ai travaillé pour TF1. Je n’avais aucune formation de journalisme et avec le recul je me dis que c’était une chance. Je ne connaissais pas l’art de l’interview, j’y allais comme je sentais et ça marchait plutôt bien car je sortais des cases toutes faites et formatées de l’interview ciné. Bien entendu il y a toujours des questions promotionnelles : est là pour vendre le film ! Mais sortir des sentiers battus plaisaient aux artistes que je rencontrais. Savoir comment s’est passé le tournage et si « machin » est sympa dans la vraie vie… Mouais… Non quand j’ai un Poelvoorde face à moi, je préfère y aller à la déconnade et tenter de creuser le personnage de la sorte. Au final y’a des personnes comme Jaoui qui ont appelé mes supérieurs pour dire que je faisais du bon boulot. Berléand a même envoyé chier son attachée de presse qui trouvait mes questions trop longues alors qu’il les trouvait pas mal. Et ça, ça m’a donné l’envie de poursuivre, de continuer, de creuser. C’est comme ça que j’ai travaillé sur Aldo Maccione.

Ginette : Allons-y, parlons d’Aldo !

Gilles Botineau : Je voulais donc réaliser un documentaire sur cet acteur que j’aime vraiment. J’ai commencé un tas de démarches, contacté son agent mais je n’ai jamais eu de retour. Aldo est un vieil ours qui va fêter ses 80 ans. Il a été maltraité par ce monde du cinéma, quand il a quitté ce milieu, il n’était pas très heureux. Et j’imagine qu’il est méfiant. Mon livre c’est une lettre ouverte à Aldo, une lettre qui lui montre que je l’aime, je suis bienveillant, rien de mal n’émane de moi, je suis fasciné par votre parcours, je souhaite vous rencontrer et je l’espère faire un documentaire sur vous. Rien d’autre.

Ginette : C’est une très longue lettre !

Gilles Botineau : Oui, elle tient dans un livre.

Ginette : Est-ce que c’est pour ça que ce livre n’a rien d’académique et qu’il est écrit simplement, dans un style très frais ?

Gilles Botineau : L’académisme c’est tout ce que je voulais éviter. Une biographie wikipedia c’est pas trop mon style. Certes tu apprends des choses mais c’est stérile. Ensuite, l’académisme… Tu sais quand tu prononces « ALDO MACCIONE » le premier mot accolé c’est « RINGARD » et ça m’est insupportable, je déteste ce mot. Qu’on n’aime pas soit. Le traiter de ringard c’est non. Que ces gens qui le méprisent tentent de faire sa carrière! J’avais envie de prendre sa défense. C’est un plaidoyer, je suis donc je m’inclue dedans d’où le style utilisé. Mon ambition était de dire « Non Aldo Maccione n’est pas le ringard que vous décrivez ! ». Il a toute une page sur Nanarland. Après, j’suis pas d’accord avec leur définition du nanar. Pour moi ils confondent ou mélangent comme tu veux « nanar » et « navet » ce qui est différent.

Ginette : Le nanar peut-être un très bon film.

Gilles Botineau : Pas le navet. Alors oui Aldo a fait quelques nanars, c’est l’époque qui voulait ça ; Galabru aussi.

Ginette : Pour info Max Pécas tu le mets où ?

Gilles Botineau : A deux doigts du navet. Zéro style. Zéro histoire. Zéro gag. Décor : Saint-Tropez et nanas à poil. En revanche y’a un bon documentaire sur lui avec images d’archives et ce qui est sûr c’est que le mec n’avait aucune prétention si ce n’est faire du fric et basta. Le personnage devient sympathique quand on a vu le documentaire et ça permet de réévaluer de film et là tu te dis « OK le mec a juste embarqué ses potes et a gagné sa vie de manière très sympathique ! ». Pourquoi s’en priver ? Tu as le droit de n’avoir aucune ambition.

Ginette : En réalité, ce dont je voudrais parler c’est de comment on l’a perçu et si c’est du mépris ou de la boutade. Quand tu m’as dit que tu écrivais sur Aldo, j’ai été la première à te chanter la chanson de la pub Carambar. Je ne suis pourtant pas « hostile ». En fait, pour moi Aldo c’est lié à mon enfance, l’évoquer ça me fait sourire, j’aimais beaucoup gamine. Certes ce n’était pas Gérard Philippe, le dire ce n’est pas forcément le mépriser. En revanche, je pense qu’il existe bien un mépris du cinéma que l’on dit « populaire » et qu’il existe aussi un mépris des « intellos » du ciné. Il a été une vraie star populaire.

Gilles Botineau : Oui mais ça on l’oublie car ses films ne passent pas à la télé, y’a pas de DVD et ceux qui parlent de lui le traitent de ringard.

Ginette : Penses-tu qu’il s’agisse d’un mépris de genre voire de classe ?

Gilles Botineau : Dans son cas oui. Après il y a des exceptions. Je pense à Louis de Funès. Aujourd’hui on parle de génie ce sur quoi je suis d’accord, à l’époque il en a pris plein la face. Idem Pierre Richard. On l’a dégommé, aujourd’hui il a 20 pages dans Les Cahiers du Cinéma. Même lui en rit. Aldo n’a pas connu cette évolution par les penseurs du cinéma. En même temps, on a décrié de Funès mais il jouait dans des films de Gérard Oury qui lui n’était pas mal considéré. Aldo Maccione n’a pas de film fort hélas, à part peut-être L’Aventure c’est l’Aventure ou Mais où est donc passée la 7ème Compagnie ? Mais il apporte quelque chose d’indéniable même avec un côté dragueur, bebête… Mais vraiment il n’est pas que ça. Regardez ses film, intéressez-vous à lui, son parcours, il le mérite.

Ginette: Merci Gilles !

°° In Rock They Trust °° #KURSED

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© ODyL

© ODyL

KURSED est un groupe de rock indé qui a sorti un peu avant la fête de la musique le titre APPLE et l’ EP du même nom il y a quelques jours.

On compte quatre membres qui sont Hugo (guitare/chant), Romain (batterie), Thomas (basse) et Ari (guitare). Le groupe existe depuis 2003.

KURSED passe sur Canal+ en 2009 et s’en suit un premier album LIKE A COFFEE en 2010, puis MIAOW en 2012.

On a envoyé la stagiaire à la rencontre des jeunes rockeurs le jour de la promo d’ APPLE à l’ International.

Ginette : Salut les gars ! Alors, pour cette première question, on va directement parler du nom du groupe. « KURSED » pour « CURSED » orthographié à votre convenance. Pour ceux qui ne parlent pas anglais, ça veut dire « MAUDIT », j’imagine qu’on ne croit pas au Karma dans votre groupe ?

Kursed : Justement, c’est une question qu’on s’est pas mal posée parce qu’il nous est arrivé quelques couilles… En plus notre label s’appelle « Le Petit Chat Noir Records ». Peut-être qu’on joue avec le feu. On n’sait pas. Après c’est vieux, on a trouvé le nom du groupe avant même de savoir jouer de la musique.

Ginette : Depuis 2003 y’a eu du changement dans le groupe ?

Kursed : En 2003 on était trois. Ari nous a rejoint en 2012/13 et Romain y’a à peu près deux ans aussi.

Ginette :APPLE c’est l’EP 4 titres tout frais tout beau. Un premier clip issu de cet EP est sorti, il a été réalisé par Ange Della Maggiore. Avant celui-ci, il y a eu un autre clip, TSA TSA TSU et il avait fait pas mal parlé de lui, les gens semblaient assez étonnés, j’ai lu que ça avait suscité des réactions.

Kursed : Chez certaines personnes en effet, ça a pu être pris pour de la provocation alors que le but était simplement d’illustrer mes propos de façon décalée. Être choqué de ça quand on se tape des clips de hip hop un peu crades, les choqués sont de petites natures.

Ginette : C’est marrant que ça ait pu faire réagir car y’a un superbe clip de Jackson ans His Computer Band réalisé par So Me où on voit une mise en scène de nyotaimori, un ancien art culinaire japonais qui consiste à manger des sushis sur le corps de geishas nues –en gros des meufs à poil servent de plateau repas – et y’a pas eu de foin là-dessus.

Kursed : Je pense que ça a plus marqué les esprits que choqué. On m’en parle souvent, jamais de façon agressive. Il ne nous a carrément pas desservis.

Ginette : Dans APPLE tu dis « All the girls are lesbians cause all the boys are comedians ». Je t’écoute.

Kursed : Phrase très naïve au premier abord. L’origine vient d’une discussion que j’ai eue avec une pote alors qu’on était complètement bourré, et elle me disait que toutes les filles étaient un peu lesbiennes. Elle disait qu’à la question « Aimeriez-vous avoir une relation sexuelle avec une personne du même sexe » les femmes répondraient plus largement oui que les mecs. Ça c’est l’origine de la phrase qui n’a absolument rien à voir avec la chanson. En fait quand j’ai écrit cette chanson j’ai cette phrase qui m’est revenue de loin. Je pense que ce qu’il faut retenir c’est plutôt que la chanson est anti-sexiste. Je ne me sens pas hyper engagé au sens militant, je crois juste qu’il y a de fait une égalité homme-femme, ça me semble normal c’est tout.

Ginette : Justement, dans le clip TSA TSA TSU c’est la meuf qui prend le pouvoir, le mec est le dindon de la farce au final, dans APPLE on a la même chose : un gars manipule des femmes-marionnettes qui parviennent à s’extraire et finissent dans les bras l’une de l’autre de manière très sensuelle.

Kursed : C’est parfait, l’idée est bien passée. C’est exactement ça : elles se rebellent, coupent les cordes, le mec se retrouve seul comme une merde.

Ginette : Tu chantes exclusivement des textes que tu écris ?

Kursed : Oui. Pour la musique c’est différent on travaille plus ensemble mais les textes oui.

Ginette : FLASH-BACK : En 2009 vous vous retrouvez sur Canal+ dans l’Album de la semaine. LIKE A COFFEE c’est après?

Kursed : Tout à fait : à l’époque on avait une démo enregistrée à l’arrache dans un garage et on a joué une chanson de cette démo, pas une chanson de LIKE A COFFEE. C’était une vieille chanson très grunge. On avait gagné un concours pour les jeunes musiciens de moins de 18 ans et c’est comme ça qu’on est passé sur Canal+.

Ginette : Passer sur Canal+ quand on est un jeune chanteur de 17 ans, ça fait quoi ?

Kursed : Le jour J on se chie dessus. Tu sais c’était l’époque MySpace, il avait des groupes à foison. Il y a eu des jalousies, on était dans un milieu très indé, underground et dans l’esprit la télé c’est juste le truc à ne pas faire, c’est mal vu ce qui est dommage. Après les râleurs eux-mêmes n’auraient peut-être pas refusé cette opportunité. Sur cette expérience on a pris ce qu’il y avait à prendre mais sans s’exciter trop non plus. Je veux dire par là qu’on ne s’est pas dit « C’est bon y’a Canal on va cartonner ! ». Et heureusement qu’on l’a pris comme ça parce que justement, ça n’a pas eu lieu.

Ginette : Aujourd’hui vous bossez avec une boîte de production qui s’appelle 25H43 et qui a la particularité d’être menée par une rockeuse justement,  ODyL. La rencontre a eu lieu à quel moment ?

Kursed : On a fait une soirée au Rockstore de Montpellier, où elle est installée depuis plus d’un an. Elle est venue nous voir, la discussion s’est faite. On avait besoin de ça car même si on pense que ce que l’on propose est bien, on passait beaucoup de temps à chercher des dates, et si on sait faire de la musique, on ne sait pas faire de promo, on n’est pas pro en ça donc ça fait du bien. De plus, ça permet de se consacrer à la musique, et ça, c’est très important. ODyL nous manage super bien, on a une bonne promo, elle nous trouve des subventions, des financements. Les conditions de l’enregistrement de notre album étaient de vraies bonnes conditions. Cette rencontre et ce partenariat depuis mars a fait évoluer les choses dans une voie qui nous convient. Nous sommes contents.

Ginette : L’album est enregistré ?

Kursed : J’ai fini les voix il y a deux semaines.

Ginette : Quelles thématiques sont abordées ? Vous racontez quoi ?

Kursed : On parle de Dieu. Je ne suis pas forcément croyant mais la Bible m’intéresse. C’est la belle première fiction de l’Humanité. Ensuite ça parle d’expériences humaines : des histoires de jeunes amoureux, des expériences avec la drogue. Au début je voulais l’appeler « Dieu est sourd » donc « God is deaf » mais j’me suis dit que trop de gens comprendraient « Dieu est mort » (ndlr : « Go dis death ») donc j’ai laissé tomber. Finalement ça s’appellera « Misophone ». La misophonie c’est la haine des sons, j’ai trouvé ça sympa, c’est paradoxal d’appeler un album de musique de cette manière.

 Ginette : C’est bien que tu me parles de tes titres en anglais parce que depuis un an que je rencontre des groupes, le choix du français ou de l’anglais est toujours très important. J’ai constaté que souvent, ceux qui chantent en français regrettent que l’anglais soit plus souvent choisi, en particulier pour le rock. On parle de ça ?

Kursed : Je ris là. Chacun fait ce qu’il veut. Sois libre ! Fais ce qu’il te plaît ! La liberté c’est la base de l’art merde ! Fais ce que tu veux ! Tu dois être libre de t’engager, libre de dire des conneries, libre de faire de la poésie. Si tu penses en disant « IL FAUT » alors que tu parles d’art, de musique, de création et bien tu es juste un gros connard.

Ginette: Je trouve que c’est une très belle conclusion. Merci!

Vous pouvez retrouver toutes les infos concernant KURSED  » ICI« .

°°° Etat des lieux °°°

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Ils sont nombreux à avoir annoncé leur retour: de Terminator à Jésus en passant par Martin Guerre ou Mulder & Scully, on l’avoue, certains auraient pu s’abstenir.

Quant à Ginette, la question se pose-t-elle?

Lundi dernier, l’article de présentation du blog a fêté son premier anniversaire.  Lundi prochain, ce sera le premier anniversaire de la mise en ligne de ma première interview. Si t’es fidèle au poste, tu t’en souviens peut-être, sinon, clique-partout où ça brille !

Fancy à la Flèche d'Or (2014)

Jessie Chaton – FANCY – à la Flèche d’Or en 2014

Pour cette rentrée décalée, la question de la newsletter s’est posée mais si t’es comme moi, quand tu reçois un mail qui commence par [Newsletter] c’est direct dans la corbeille et comme il est prétendu mal de ne pas devoir faire à autrui ce que l’on n’aime pas que l’on nous fasse…

Je n’ai cessé de le répéter durant les mois qui viennent de s’écouler, Ginette était en année zéro, en phase test. Entre le moment où j’ai décidé de lancer le blog et le moment où j’ai eu la chance d’avoir une très belle première interview (#PamelaForever) il ne s’est passé que quelques jours et les événements se sont enchaînés sans même que j’ai eu à y réfléchir ce qui parait-il est une sacrée chance. Cependant, ce n’est pas chez Ginette qu’on se met la pression et la nonchalance est évidemment assumée (#TheDudeAttitude).

Rentrée 2015

Rentrée 2015

Au cours de l’année, les rencontres ont été nombreuses, les interviews également. Toutes n’ont pas encore été mises en ligne, mais toutes le seront en octobre, et à celles-là s’ajouteront les nouvelles. Il y a eu de multiples entretiens ces dernières semaines: des musiciens, écrivains, graphistes, designers, illustrateurs… Il y aura des acteurs, réalisateurs, on parlera d’une web-série réalisée à Montpellier, d’une éditrice de littérature espagnole, d’un jeune styliste etc.

Dès le départ, une des ambition fut l’utilisation des divers médias (écrits, photos, vidéos). Le pari a été tenu puisque il y a quelques semaines, Ginette présentait son premier docu vidéo réalisé en collaboration avec Thierry Marcos de chez SHARK Film mais qui a également rejoint le collectif Le Lapin Rose que je présenterai très prochainement. Ce petit film présente le jeune auteur Johann Zarca a.k.a Le Mec de l’Underground que je suivais bien avant de songer à créer un zine.

Merci de me suivre, surtout continuez car l’évolution est en route.

Et un merci particulier à chacun d’entre eux.

Thierry Marcos

Thierry Marcos

Monsieur Incredible

Monsieur Incredible

Cacodesign

Cacodesign

Lionel Clément - L'ivre de Lire -

Lionel Clément – L’ivre de Lire –

PM Booking

PM Booking

Le Mec de l'Underground

Le Mec de l’Underground

Johann Zarca #1

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Le 20 août dernier, PHI PROB (éd. Don Quichotte), le dernier roman du jeune auteur Johann Zarca A.K.A Le Mec de L’underground arrivait dans toutes les bonnes librairies.

A cette occasion, l’équipe de Ginette en partenariat avec Thierry Marcos, réalisateur pour SHARK Films a rencontré le théoricien de la littérature vandale, et de cette rencontre est née ce film.

Notre présentation se fera en deux temps:

  • #1 le film
  • #2 l’intégrale de l’interview rédigée et les coulisses du film

A VOS CLICS !